JACUZZI AU BEATEN

 

Le récit d'une folle plongée...

 


 

 

En cette magnifique journée du 21 octobre 2006, Gentilplomb et moi-même étions fort motivés pour une petite plongée de réadaptation au Beaten. Pour se faire, nous nous sommes munis du minimum de matériel nécessaire pour ce type de plongée.

 

Gentilplomb : bi 2x12 de Tx 18/24 à 200bars, 1x10 de Nx57 200bars, 1 x10 d'02 à 200 bars.

Ralfi : bi 2x12 air 200 bars, 1x7 de Nx 67 à 200 bars.

 

Vous noterez à ce stade que, pour 5 réservoirs, il y a 5 mélanges différents... J'en profite ici pour remercier notre ami Banzaï, qui a gracieusement mis à notre disposition son filtre pour la fabrication du Nx ainsi que son analyseur pour les quelques vérifications d'usage, histoire de ne pas trop y aller au bol...

 

Bref, on met tout dans la Bora et en route pour l'aventure !

 

Petit arrêt avant le Beaten histoire de s'empiffrer de croissants et de petits pains, accompagnés d'un bon chocolat chaud ! Faut pas plonger le ventre vide, y pourrait nous arriver des pépins... On poursuit notre route pour arriver au Beaten, déjà fort encombré de PADIs en tous genres, lourdement équipés de mono 15 litres et drapeaux de plongée (merde : il est où le nôtre ? Tant pis, on fera sans, comme d'habitude !).

 

Bref, après s'être correctement équipés (il faut tout de même que quelque chose se passe bien dans cette plongée, non ?), on se

 

met à l'eau. Gentilplomb est au jus en train d'accrocher ses deux bouteilles de déco. Moi, je m'approche de l'escalier et je passe devant deux gugus qui me reluquent. Je descends l'escalier, je choppe ma bouteille de déco qui était déjà dans l'eau et je me retourne pour regarder les deux gaillards : l'un deux prend la parole pour nous dire que ça va être une belle plongée vu les bouteilles qu'on emporte, et que notre site internet est sympa : en passant devant eux, j'ai mis involontairement sous leur nez les deux autocollants APCI collés sur mon scaph... Gentilplomb rattrape le coup (et notre réputation) en expliquant que si on prend beaucoup de gaz, c'est pour avoir beaucoup de sécurité... Il aurait dû faire de la politique, notre ami Gentilplomb !

 

Bref, on se prépare pour la descente. Tout le matos fonctionne bien : on purge et on fonce vers les abysses. La vitesse de descente est contrôlée (le premier qui commence à gonfler est une lopette !) et on s'arrête vers les 70 m. Raisonnable, je dis à Gentilplomb que je reste là et qu'il peut faire une petite pointe, histoire de justifier son Trimix...

 

Là, ça se complique un petit peu...

 

Le voilà parti depuis 5 secondes que j'entends le bruit caractéristique d'un débit continu ! Je regarde autour de moi : mon deuxième détendeur ne crache pas une bulle. Je retire celui que j'ai en bouche : il crache de l'air comme s'il en avait trop ! Je mets l'autre en bouche et je sens une pression dans les oreilles :  merde, je suis en train de descendre et il faut stopper ça tout de suite ! Je gonfle ma stab en comptant jusqu'à 5. Je ne sais pas, vu la profondeur, si ça correspond à 5 secondes mais il me semble que je commence à remonter. En tout cas, plus de problème au niveau des oreilles. Je regarde en bas et je vois la lampe de Gentilplomb. Il doit être 5 ou 10 mètres en dessous car je le vois assez clairement. Je lui braque ma lampe en pleine poire en l'agitant un max en espérant qu'il me remarque. Je n'attends pas sa réaction : j'ai une bouteille à fermer avant qu'elle soit vide ! Je me penche en avant, mon bloc s'avance un peu et je tends le bras gauche à la rencontre du robinet. Je ne le sens pas tout de suite mais, après une fraction de seconde, je l'ai en main et je me mets à furieusement le tourner. En le fermant, je me rappelle que mon pont est fermé et ça me rassure un peu... Je regarde mon détendeur : il ne crache plus rien mais je sens, vu le bruit de l'air dans mes trompes d'Eustache, que je suis en train de remonter comme un malade ! Je purge à mort ma stab à l'aide de la purge rapide et je me penche à droite pour purger ma combi progressivement.. Je m'équilibre plus ou moins et j'attends Gentiplomb... Les pulses redescendent gentiment...

 

Ensuite, mes souvenirs ne sont plus très clairs... Mes pensées reprennent avec Gentilplomb en face de moi : je lui montre mon détendeur, j'essai de le faire fuser sans succès pour lui montrer que mon robinet est fermé et il a l'air de comprendre. Je rouvre mon robinet et la plongée reprend tranquillement.

 

Arrivés à 30 m environ, Gentilplomb me fait des signes bizarres : il me montre sa première bouteille de déco et me fait un signe négatif de la main. Il me montre sa deuxième bouteille de déco et me fait un signe négatif de la main... Il me montre finalement son VR3 et me fait un signe négatif de la main ! Je regarde le VR3 : le mélange actif est de l'air, il indique 2242 % de CNC et un temps de remontée de plus de 1000 minutes ! Le truc déconne grave... Je détache le VR3 du poignet de Gentilplomb et je me promène dans la liste des gaz : pas un seul mélange ne correspond à un des mélanges emportés. De plus, il sont tous inactifs ! Le truc déconne manifestement vraiment grave... J'active le Nx50 car c'est le mélange préprogrammé qui se rapproche le plus de ce que Gentiplomb est en train de sniffer, mais les données affichées sont toujours autant surréalistes !

 

Je me dis qu'il doit connaître à peu près son profil de déco. Il n'a pas de table mais je le connais assez bien, depuis le temps qu'on plonge ensemble : il est blond mais il a une bonne mémoire ! Je le suis scrupuleusement : il me reste bien assez d'air (je n'ai dû perdre que 20 bars dans une bouteille à cause de ma mésaventure) et nos bouteilles de déco sont pleines. Comme on est resté très peu de temps au fond, sa saturation en He ne doit pas être impressionnante.

 

On traîne un long moment entre 15 et 12 mètres par sécurité. Puis on suit les paliers du Vytec, ordinateur archisécuritaire. On se farcit même 5 minutes de plus à 3 mètres. Je me dit que si l'hélium devait causer un problème, il serait déjà arrivé...

 

On sort de l'eau frais comme des fleurs ! Mais franchement, c'était limite... On s'est ensuite tapé une bonne pizza sur une terrasse au soleil, avec une petite bibine pour faire descendre le tout. J'ai apprécié ce moment comme jamais...

 

Le soir, chez Gentilplomb et devant une bonne fondue, autant lui que moi étions un peu surpris en examinant la courbe extraite du Vytec :

 

 

Ni lui, ni moi ne nous souvenons de la descente après notre remontée jusqu'à 40 mètres ! Gentilplomb est remonté aussi vite que moi car il avait bien vu ma lampe s'agiter et se doutait qu'il y avait un sérieux problème. Bien que gonflé à fond, il n'arrivait pas à me rattraper !

 

La morale de cette petite histoire : il n'y en a pas vraiment ! Mais :

 

1) Merci à Gentilplomb, compagnon de toujours. La (mauvaise) habitude prise à plonger profond avec lui m'a probablement permis de régler ce problème tout seul, malgré la profondeur. Je ne lancerai pas une polémique sur l'accoutumance à l'azote mais je dirais simplement que j'ai fortement l'impression qu'on apprend des choses quand on plonge profond...

 

2) Merci à Banzaï, notre instructeur tech préféré : tous les exercices à la con qu'on a pu pratiquer semblaient inutiles mais servent quand même un jour ou l'autre.

 

3) Merci à Roby. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque où il a acheté son recycleur, c'est lui qui m'a proposé de reprendre son bi 12 qui, contrairement à mon bi 10, a un pont qui peut se fermer...

 

4) Mon Scubapro R190 part au grenier illico. J'envoie mon abyss à réviser et, ceci fait, un sérieux test de givrage aura lieu à 55 mètres...

 

23.10.2006